Médias et médias sociaux : le pouvoir de la recommandation !!

Le bouche à oreille est le meilleur des médias. Bill Bernbach

Les Assises Internationales du Journalisme ont eu lieu à Strasbourg en novembre dernier. Invitée par Jérôme Bouvier, organisateur de la manifestation et médiateur de Radio France, j’ai eu le plaisir de participer comme intervenante sur l’atelier-formation : « Modérateurs / Animateurs de communautés : des métiers pour les journalistes ? ». L’atelier est en écoute depuis ce lien (passées les quelques premières secondes, vous retrouverez nos débats)

Pour mémoire, étaient aussi présents dans ce panel : Melissa Bounoua (Animatrice de communauté, 20minutes.fr), Antoine Daccord (Animateur de communauté, lefigaro.fr, avec lequel j’ai fait une interview à paraître bientôt sur ce blog), Lila King (Participation Director, CNN), Richard Poirot (Rédacteur en chef adjoint de Libération), David Corchia (Directeur de Concileo), Yann Guegan (webmaster et community manager, Rue89)

Parce que le rapport entre médias et médias sociaux est une thématique riche à part entière, j’ai décidé d’ouvrir une rubrique spéciale et de commencer par : le pouvoir de la recommandation.

L’habitude de s’en remettre à ses pairs pour se déterminer dans un processus décisionnel s’est étendu progressivement à bien des domaines de la vie courante. Pour se déterminer sur le choix d’un lave-linge, d’une marque de eye-liner ou encore de son matériel informatique, beaucoup d’entre nous demandent l’avis de cercles proches avec qui la confiance est établie. La recommandation sert donc à se garantir la minimum de risques dans son choix. La recommandation est mère de sûreté.

Crédit image : FindYourSearch

Du point de vue de la marque ou organisation recommandée, cela lui permet indirectement d’être valorisée pour sa longévité, son service-après-vente, l’accueil, le sérieux, la qualité de l’information… pour ce qu’elle offre.

Les médias sociaux ont ceci de particulier… qu’ils n’ont pas inventé le bouche-à-oreille mais ils lui offrent une formidable caisse de résonance!! Ce que tata Ginette ou cousin Germain vont me vanter comme le produit de l’année, je vais pouvoir non seulement vérifier que l’oncle d’Amérique le pense aussi mais je pourrai, en plus, l’écrire et avoir les retours de mes cercles de contacts distanciels privilégiés. Et mieux encore, nos discussions pourront être si bien suivies que d’autres pourront bénéficier par sérendipité (ou pas) de nos propos et donc de nos… recommandations (s’ils nous font confiance).

En résumé, plus on vous recommande, mieux c’est car votre nom, votre contenu se propage. Pour un média, peu importe que l’on soit ou non en accord parfait avec le fond d’un article, plus il aura d’échos, plus il sera débattu, plus l’information s’enrichira, plus le média gagnera en visibilité. D’où l’intérêt d’offrir sur vos sites de véritables boutons de partages ergonomiques qui facilitent le vie de vos e-lecteurs! Mieux c’est.. à la condition d’entrer vous-même dans la conversation, c’est-à-dire de répondre aux commentaires laissés par vos lecteurs sur les espaces dans lesquels vos les informez (votre blog, page fans, compte Twitter etc…).

Crédit image : Carlos Maya

Un média offre une information déjà enrichie. La donnée factuelle brute est vérifiée, analysée et redonnée à une audience qui s’en empare pour la discuter au comptoir du café ou… sur Twitter, Facebook, dans les colonnes de commentaires d’un blog, dans tous les espaces qui seront à sa disposition. « La recommandation est mère de viralité » écrit Aurélien Viers (je vous recommande d’ailleurs la lecture complète de l’article). Une étude commandée par CNN, Pownar (dont les résultats ont été rendus publics fin novembre et en partie repris dans un billet de Gilles Bruno) montre que les informations sont partagées à 43% sur les plateformes de réseaux sociaux (Facebook venant largement en tête). Bien sûr, forte d’une puissance de feu assez impressionnante et convaincue de l’impact publicitaire dans ce contexte digital, la chaîne voulait convaincre d’éventuels annonceurs que sa présence multi-canaux avaient aussi un intérêt pour eux.

Image de prévisualisation YouTube

Le partage d’un article intéressant peut, toujours se faire via le mail, bien que de moins en moins de site ne permette cette modalité directement depuis le billet. D’ailleurs en écrivant ce billet, je me suis rendue compte que je ne proposais moi-même pas cette option (woooo manque réparé). Le plus souvent, on trouve des boutons de socialisation qui permettent d’envoyer directement sur les réseaux sociaux qui nous sont les plus familiers ou sur lesquels nous savons avoir l’auditoire intéressé par le contenu que nous souhaitons diffuser. Pour les blogs sous Wordpress, le plugin WP-FacebookLikeThis permet de faire connaître vos lectures en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire ;)

En un clic, tous vos contacts sont informés de vos lectures. J’ai personnellement modifié l’intitulé du bouton Facebook. De « j’aime », je suis passé à « recommander ». Pourquoi? D’abord parce que cette abondance d’ »amour » est parfois un peu « guimauvesque » et parce qu’au fond on peut parfois vouloir recommander la lecture d’un article avec lequel nous ne sommes pas toujours en accord au fond mais qui suscite suffisamment le débat pour vouloir que nos contacts entrent dans la valse des commentaires de manière à enrichir le débat.

Image de prévisualisation YouTube
Et toi lecteur de ce blog, as-tu des médias que tu recommandes plus que d’autres? Recommanderas-tu ce billet et le commenteras-tu de manière à enrichir le débat?
Share

Vous pouvez aussi lire :

Ecrire un commentaire ou faire un trackback depuis votre site.

6 Commentaires à “Médias et médias sociaux : le pouvoir de la recommandation !!”

  • Bonjour Emery et merci de ta visite et de ton commentaire! ;)

    Je viens de voir le ping de @Klaragora et lit les derniers commentaires chez toi!

    Ta question est excellente! Oui le ROI est une question importante. Alors pour ne pas te faire une réponse de normande que je ne suis pas :

    - les personnes que j’ai pu interviewer pour le livre « Le Community Management » ou ensuite, relèvent que, pour les médias, il n’y a pas encore de discours fort et d’attente ROI-ste importante. Sans doute le côté cerise sur le gâteau. Mais quand les dispositifs se déploieront, il faudra mettre des ressources en face et on sortira du discours de la pseudo gratuité des médias sociaux et enfin on parlera d’indicateurs quanti ET quali. Donc sur ce point je te rejoins. Je crois que le biais du « Facebook c’est gratuit » fait disparaître le fait que la personne qui anime (voire pense quand il y a des stratèges dans le coin ;) ) cette personne elle a un coût pour l’entreprise.. et comme elle a des objectifs à atteindre son poste doit dégager de la valeur…

    Aparté : si je suis une pro-quali, je sais aussi (et ne suis pas dupe sur ce point) que le quanti a son intérêt, ne serait-ce que pour être raccord avec un exercice budgétaire quand tu proposes une strat et sa mise en oeuvre opérationnelle. On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres et là je rejoins Cédric Déniaud ( http://cdeniaud.canalblog.com/archives/2010/12/14/19840414.html ) mais ils sont aussi importants car bien ancrés dans des cultures d’entreprises que l’on ne modifie pas d’un claquement de doigt ( http://jnchaintreuil.com/blog/2010/12/15/82-des-entreprises-ont-besoin-de-chiffres-autour-des-medias-sociaux/ ). Et comme le nerf de la guerre c’est l’argent.. ne pas compter serait se mettre une balle dans le pied. J’essaye autant que faire se peut d’allier les deux dimensions.

    - comme le sujet que tu relèves est un vrai bon sujet, il fera l’objet d’un billet spécial et tu es le bienvenu pour en débattre autour d’un café quand tu veux. LeWeb ne nous a donné que des instants croisés pas loin du buffet ou du stand France TV, j’aimerais assez prendre plus de temps pour échanger avec toi!

    J’espère avoir donné un début de réponse satisfaisant à ta question et échanger plus avec toi!

  • KlarAgora dit :

    Je n’avais pas lu ton commentaire, Catherine. Très intéressant, merci.

    Sur les chiffres dans les médias sociaux, j’avais justement posté un long commentaire en réaction au billet de Cédric sur le sujet :

    Les disciplines des sciences humaines, dites « sciences molles » souffrent, me semblent-ils, d’un complexe vis-à-vis des sciences dites « dures » : comme leur nom l’indique, reposant sur l’humain et non la matière, les sciences humaines ne peuvent prétendre à rien de fixe et d’inamovible.

    Exact contraire de la règle mathématique, la théorie en sciences humaines est sujette à débat et avis contraires : elle peut muer et évoluer au fil du temps, contexte… En un mot comme en cent, elle est relative.

    Et c’est cette relativité qui, voudrait-on nous faire croire, lui ôte tout son crédit.

    Or, le contraire de la relativité, c’est du chiffre !!

    Comme dit Cédric, il rassure. Plus que ça, il apporte du sérieux, du crédit, de la légitimité à s’exprimer sur un sujet.

    Dans les éléments de contexte pour les médias sociaux, une masse pléthorique de chiffres vient inonder nos TL Twitter, et je me rends bien compte d’ailleurs que mes tweets avec des chiffres sont les plus RTable… Il suffit de constater le cas de JN Reyt qui titre tous ses billets avec les données chiffrées les plus percutantes… Il challenge régulièrement depuis la place #1 du classement Wikio dans la catégorie Marketing !

    Au-delà du contexte, après une opération sur les médias sociaux, on va encore nous demander des chiffres, du calcul de ROI, de KPI, etc. On va nous demander le nombre de llike, de followers, de RT, de fans, de vues…

    Je conclurai cette Longue (désolée) réflexion en citant l’un des intervenants entendus à la conférence du Monitoring Social Media vendredi : « On voudrait nous faire calculer l’influence, le charme, l’image… Tout ce qui est intangible depuis toujours ».

    … Ton avis ?

  • Hello Claire et merci de ce long commentaire (aparté : j’adore les loooooongs commentaires)

    Permets-moi un « ahahah » introductif car cela faisait un bail que je n’avais entendu « sciences molles ». Aucune moquerie contre toi, je me suis juste rappelé les longs moments d’échanges houleux à la fac sur cette appellation pour le moins.. péjorative… jugement de valeur quand tu nous tiens!!! La langue française a des subtilités parfois agaçantes ;)

    Revenons à notre mollesse! Oui la relativité est afférente aux sciences humaines mais aussi aux sciences dures, ne dit-on pas « toute choses égales par ailleurs » ce qui signifie qu’il faut tenir compte des variables.. et des inconnues aussi. Même en mathématique. La relativité est une donnée d’entrée, il faut juste avoir l’humilité de le reconnaître.

    Les chiffres ont un réel pouvoir de… séduction. Cela aussi, c’est une donnée d’entrée. Tu prends une très bonne référence (Reyt) et oui les chiffres sont RT-isables à loisir mais on peut aussi noyer le sens sous le nombre de zéro… et faire dire tout et son contraire à des stats ou des sommes. C’est le pouvoir de l’interprétation! Et ça nous connaissons bien en sciences humaines.

    On ne change pas des comportements ou des cultures du travail et d’entreprise en un battement de cil donc je reste persuadée qu’il faut faire avec et adapter son discours sans se dévoyer pour autant mais cela reste important pour nous aussi professionnel de pouvoir quantifier. Ne serait-ce que les heures que nous passons sur un projet pour être rémunéré.. Ne serait-il pas normal que notre client cherche lui aussi à avoir des indicateurs pour déterminer si son budget est bien exploité? Tout est question de nature d’indicateurs justement.

    Je crois la querelle chiffres vs indicateur intangible un peu stérile, choisissons la troisième voie celle qui donnera la part belle au quali est, à mon sens, celle qui n’oubliera pas le quanti. Car le chiffre sera toujours le vainqueur de l’élection!

Ecrire un commentaire

Subscribe to RSS Feed Suivez-moi sur Twitter!
SEO Powered by Platinum SEO from Techblissonline