Le CSA voit rouge : les médias sociaux sont dans son collimateur!

Les gagnants seront ceux qui restructurent la manière dont l’information circule dans leur entreprise. Bill Gates

Émois en zone twiterrienne en ce dimanche de fête des mères. L’information circule : le CSA interdit de citer Facebook et Twitter sur les antennes audiovisuelles. Oui.. enfin.. non pas tout à fait.

Par une décision publiée le 27 mai 2011, le CSA saisi par une chaîne de télévision de la conformité à la réglementation en matière de publicité des renvois aux pages consacrées à ses émissions sur des sites de réseaux sociaux a décidé que « le renvoi des téléspectateurs ou des auditeurs à la page de l’émission sur les réseaux sociaux sans les citer présente un caractère informatif, alors que le renvoi vers ces pages en nommant les réseaux sociaux concernés revêt un caractère publicitaire qui contrevient aux dispositions de l’article 9 du décret du 27 mars 1992 prohibant la publicité clandestine. ».

Stratégie n°1635, 26/05/2011 - Illustration Gilles Rapaport

En conséquence, une chaîne de radio, une émission télévisuelle ou un animateur pourront continuer à parler des sites Facebook et Twitter en tant que tels (à titre informatif) mais ne pourront plus dire « Retrouvez-nous sur notre page Facebook XXX ». Ils devront utiliser des périphrases pour éviter la « publicité illicite » faite au site de Mark. Ceci marche aussi pour Twitter et tous les autres!

Membres du paysage audiovisuel français, vous ne pourrez plus dire « suivez en direct notre journée depuis notre compte Twitter @XXX » ou « posez-nous vos questions via Twitter en vous adressant à @XXX ». Quid des chaînes Dailymotion associées à de grandes chaînes de service public? Comment les annoncer sans tomber dans la banale invitation : « retrouvez notre chaîne sur une plateforme vidéo bien connue qui n’est pas celle de votre moteur de recherche préféré ». Ou alors, comme le propose Myriam avec son humour toujours au top, « mettre des bips à l’antenne« ! Plus sérieusement, à l’heure où l’on nous parle de télévision connectée, il va falloir faire preuve d’imagination pour inviter les auditeurs et téléspectateurs à rejoindre les mass médias sur les médias sociaux sans en avoir l’air.

Si je comprends bien la logique du CSA (si si) en matière de publicité pour un espace devenant de plus en plus markété et marketeur (si l’on se contente de songer à Mark)… il n’en demeure pas moins que je reste sans voix que le CSA reste campé sur des positionnements d’arrière-garde car c’est faire fi des usages. C’est aussi ne pas tenir compte du mouvement global concernant Internet et le croisement qui s’amorce avec des médias plus classiques. Les moultes expérimentations qui ont lieu pour permettre au citoyen de glaner de l’information mais aussi et surtout (!) l’enrichir en allant d’un espace à un autre sans frontière risquent d’en prendre un coup pour cause de verbiage intempestif. Les médias sociaux ne sont pas seulement des espaces publicitaires!!! Ils deviennent de plus en plus des lieux d’expression, de confrontation d’idées et sources de matériaux et de cocréation pour les médias classiques.

Ne coupons pas la source et les passerelles qui ont mis tant de temps à se jeter d’une rive à l’autre.

Il reste de beaux et longs jours pour les évangélistes!!

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8 Commentaires à “Le CSA voit rouge : les médias sociaux sont dans son collimateur!”

  • fred2baro dit :

    Je pense que l’usage précède les lois , il y aura peut être une loi pour obliger les médias à informer sur les risques sur la vie privé, mais je crois que l’usage va être imposé par les émissions, de manière dispersés et lorsque qu’il faudra sévir ce sera juste trop tard, compte tenu de la quantité. Cela d’autant plus qu’avec la campagne électoral , la vague sera incontrolable.

    Donc je pense que c’est un cas d’école de l’impuissance , qui ne fait que succéder à l’impuissance devant le Live-tweet de l’audience #DSK.

  • Aurel dit :

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec certains points de ton article. En effet, la position du CSA n’est pas d’arrière garde, mais vise bien à faire respecter une décision normale. Facebook, Twitter, et autres sont des entreprises commerciales. Les citer sont de la publicité ni plus ni moins. Si nous lancions notre entreprise avec en tête de faire émerger LE nouveau réseau social, trouverions-nous normal que nos concurrents « installés » soient cités gratuitement ? Plutôt déloyal non ? Au titre des usages, devrions-nous fermer les yeux sur cette publicité gratuite à des entreprises commerciales ?

    Pour contourner le problème, en évitant les périphrases, les chaines d’information et autres peuvent facilement mettre en place cette passerelle interne. A elles de faire la passerelle entre leur présence sur les réseaux sociaux, sur leur site.
    Ex : retrouvez toutes les réactions en direct sur monsite.com/reactions
    Ensuite, soit cette page redirige directement sur Facebook (si c’est une des seules présences de la chaine), soit elle inclut une présentation de la présence sur les réseaux sociaux de la chaine d’info. L’url peut être communiquée rien qu’en écoutant ou en lisant sur l’écran. Les sites « officiels » sont identifiés et connus des auditeurs/spectateurs.

    Enfin, ce point peut aussi permettre de « gérer » la direction vers laquelle orienter les « nouveaux ». Aujourd’hui, imaginons, je dis « retrouvez nous sur notre page Facebook XXX pour suivre les réactions en direct ». Demain, Facebook rend les pages Fan payantes et le prix est tellement exhorbitant que je ne peux continuer à être présent. (c’est une simple imagination). Donc je ne peux plus utiliser ce canal pour informer. Sauf que mes affiches et mes pubs que j’ai payé assez cher sont déjà lancées… Je perds donc tous ceux que je voulais capter.
    Si j’avais « internalisé » cette passerelle, il me serait aisé de gérer vers qui je renvoie le flux. Et dans ce cas précis, je pourrais rediriger mon url soit sur une page d’explication, soit sur un autre réseau social.
    A ce titre, je trouve judicieux la façon dont communique Domino’s Pizza. Ils communiquent avec dominos.fr/facebook . Ils maitrisent vers ou redirige la page et sont « moins » dépendants d’un acteur qui peut décider de changer unilatéralement ces conditions d’utilisation du jour au lendemain.
    Donc dans la même lignée on pourrait voir un france2.fr/devenezFan, france2.fr/reagir… Même si moins « efficace » qu’un « rendez-vous sur Facebook », plus maitrisé.

    Bref, la décision du CSA ne me choque pas (j’ai l’impression d’être plutôt seul sur ce coup là :) ), et ne me parait pas d’arrière-garde. Elle rappelle que Facebook et Twitter ou autres, avant d’être des rendez-vous quotidiens ou presque pour beaucoup d’internautes, sont des entreprises commerciales et ce n’est pas un équation Facebook = Internet :) Même si ce sont des lieux d’expression, ils n’en restent pas moi sous la coupe d’entreprises privées.

    Mais j’ai compris ou tu souhaitais nous emmener et je suis plutôt d’accord avec ton article dans l’ensemble :)

  • virginie dit :

    Absolument d’accord avec l’article et sa conclusion! C’est un retour en arrière qui me désole.. Voir qu’en France, une haute instance comme le CSA n’arrive toujours pas à comprendre l’intérêt des nouveaux modes de communication (les réseaux sociaux en première ligne) montre bien qu’il y a une certaine « méconnaissance » de ces réseaux et de leurs apports. Nous ne sommes pas encore prêts à évoluer vers un écosystème digital efficient.. C’est fort dommage.

  • des fraises dit :

    Quelle belle hypocrisie quand même. Quand on voit la pub fleurir dès qu’il s’agit d’événements sportifs ou d’interviews avec mosaïques de marques à la clé !

  • marilor dit :

    Bonjour Catherine,
    Et si cette décision du CSA était une occasion de faire un pas en avant et d’arrêter de communiquer sur les URL des plateformes sociales, pour renvoyer vers les « sites web sociaux » des marques ? Je m’explique, aujourd’hui les sites des émissions ou les émissions elles-mêmes renvoient vers Facebook des auditeurs, des lecteurs qu’elles ont déjà faitl’effort de séduire. Pourquoi ne pas miser davantage sur l’intégration des fonctionnalités de Facecebook, Twitter et cie sur le site de la chaîne, grâce aux APIs. Ainsi, les espaces sur les réseaux sociaux servent à séduire et fidéliser les internautes présents sur ces espaces, et le site web embarque toutes les fonctionnalités utiles au « like en share », pour offrir une expérience sociale en son sein. Bref, les chaines doivent avoir des pages Facebook, des comptes twitter, etc. mais elles intérêt à communiquer sur l’URL de leur site et à enrichir les possibilités d’interactions depuis leurs sites, pour encourager les internautes à consommer informations et services, souvent coûteux à produire. Pour compléter mes propos, mon billet ici avec du Jeremiah Owyang inside http://marilor.posterous.com/tv-et-radio-les-conditions-sine-qua-non-pour
    A bientôt ! ;-)

  • Xavier dit :

    Bon, pour Twitter on pourra toujours mettre un beeeeeeeep à l’antenne (tweeeeeet). Pour FB ce sera plus difficile ;-)

    La banalisation de ces 2 marques les a presque transformé en noms communs.

    Va falloir que la CSA pense aussi à traquer l’usage de frigidaire, poubelle, silhouette, sandwich, macadam, macfarlane, elsevier, guillotine, jéroboam, poulbot et quelques centaines d’autres.

  • des fraises dit :

    Re- by the way j’ai pondu un billet sur le sujet mais un peu décalé quand même : De l’hypocrisie du CSA et des réseaux sociaux commençant par les les lettres F ou T http://bit.ly/mwRfLT

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