Ce que l’on peut apprendre de sa communauté

Le monde du partage devra remplacer le partage du monde

Itinéraire d’un enfant gâté, Claude Lelouch

Par le mauvais temps qui court, je prends plaisir à regarder certaines vidéos TED. Les sujets abordés peuvent paraître anodins et pourtant si on y prête attention des raisonnements par analogie peuvent en découler. C’est comme cela que mon esprit a fonctionné en regardant celle de Derek Sivers qui raisonnait lui-même à partir d’une vidéo amateur d’un festival de musique. Si vous avez un peu de temps entre deux averses, je vous invite à lire le  billet que cela m’avait inspiré ;)

Il y a quelques jours, je regardais la vidéo d’Adora Svitak « Ce que les adultes peuvent apprendre des enfants » et me demandais si l’on pouvait transposer ces propos pour en tirer une réflexion sur : Ce que l’on peut apprendre des communautés.

Adora Svitak: Ce que les adultes peuvent apprendre des enfants

Nombre d’entre nous, freelances notamment, auront eu un été très studieux car il semblerait que la rentrée était placée sous le signe communautaire. En quelque sorte, suffisamment d’annonceurs voulaient être opérationnels en septembre sur les médias sociaux. Pourtant, les demandes ne montrent pas toujours clairement leur motivation. En somme, les questions restent les mêmes pour le moment : « Quels sont vos besoins, les objectifs que vous souhaitez atteindre? Pourquoi vouloir être sur les médias sociaux et pourquoi une communauté vous semble indispensable? » Oui autant le dire, je suis de celles et ceux qui pensent que tout annonceur n’a pas « besoin » d’une communauté. Que Facebook n’est pas une fin en soi et que les médias sociaux s’ils sont importants ne sont pas indispensables si on ne sait pas pour quoi et comment s’en servir. Il n’y a pas de réponse toute faite en matière de communauté! :) Chaque organisation a ses particularités et la communauté avec laquelle il voudra interagir aussi.

Mais revenons à notre adora-ble Adora ;)

Adora Svitak nous parle de ce dénigrement dont sont sujets les enfants lorsque s’exprimant, ils sont traités de « gamins ».

La parole auraient donc moins de valeur selon l’âge… ou le genre, la condition sociale, l’origine géographique et toutes ces sortes de choses qui différencient l’interlocuteur.

Par expérience, certaines communautés ont aussi parfois ce sentiment de ne pas toujours être écoutées à bon escient. Combien se sentent agressées par l’arrivée de « vendeur » sur leur forum de passionnés, quelle autre n’a pas eu un moment le sentiment d’être « exploitée » quand on lui demande de proposer leurs idées pour optimiser un visuel ou un service alors qu’elle ne sentait pas la contrepartie du temps qu’elle accorde et de sa créativité mise à disposition…

Quand une organisation souhaite déployer un dispositif communautaire, il me semble important de savoir si celui qui formule la demande a déjà été membre d’une communauté ou s’il a été en visiter pour voir comment un groupe social online vit et interagit. Il me semble que c’est la première marque d’attention que l’on peut avoir, savoir de quoi on parle en allant voir chez les autres comment ça se passe… Chez un concurrent mais aussi dans un secteur totalement différent… parce que parfois les autres ont de très bonnes idées que l’on peut adapter ou fuir bien au contraire. Et puis cela permet aussi de temps en temps de se rendre compte que ce que l’on croyait impossible, l’est en réalité. Mais le consultant, que vous engagez, est aussi là pour éviter ce travail à l’organisation en le faisant à sa place.

Par ailleurs chaque membre doit être pris en considération qu’il soit très actif ou simple visiteur… et qui sait, le passif d’un jour pourrait bien devenir votre ambassadeur de demain.

La place du rêve, de l’utopie.

Adora en parle très bien concernant les enfants. Et… parfois une organisation rêve d’un réseau social dans lequel pourrait circuler de l’information, des recommandations, des idées novatrices… Elle peut toutefois craindre la liberté d’expression qui a court dans un espace communautaire mais c’est aussi le jeu. Bien penser, bien structurer un espace permet à une communauté d’y laisser nombre d’idées qui peuvent parfois même permettre à une entreprise de co-créer des services… Oui une communauté peut vous donner des idées, vous pouvez apprendre d’elle si vous savez lui donner en retour, si la maturité de votre organisation permet, par exemple, à chacun de vos salariés de dégager du temps pour contribuer sur une plateforme collaborative.

Une communauté peut donc se montrer audacieuse et vous donner beaucoup si vous savez lui donner en échange. Les forums de passionnés et les communautés de pratique le montrent depuis longtemps : le principe fédérateur >> échanger, collaborer… il y a donc une idée de réciprocité.

Adora rappelle que les enfants ne pensent qu’à l’idée, celle qui leur semble bonne, ils ne pensent pas aux contraintes de réalisation. Il en est de même pour les communautés. Bien souvent elles demanderont telle ou telle fonctionnalité pour optimiser leur activité sur l’espace online sans penser à ce que cela représente pour l’organisation en termes de développement, graphisme… Parfois la réalisation ne sera pas possible pour des coûts financiers par exemple parfois si. Dans tous les cas, il est bon de rendre à César ce qui lui appartient. Jouer de la transparence avec une communauté est essentiel notamment pour expliquer pourquoi telle idée pourtant fort bonne sur le papier n’est pas en mesure d’être réalisée.

Crédit Photo : Hey Paul

« Si vous ne faites pas confiance à quelqu’un, vous le restreignez » Adora Svitak

Un espace communautaire ne doit pas être considéré comme un fight club.. et encore même là il y a des règles : celle de ne pas avoir de limite dans le combat. Nous reviendrons dans d’autres billets sur les idées de modération et de charte d’utilisation. Le principal est de se souvenir que si vous êtes éditeur du site, vous êtes responsables des contenus mais rien ne sert d’être trop restrictif car votre réseau social pourrait ressembler à une coquille vide. Des règles minimum et une bonne dose de conversation, permettront de mettre en place le capital confiance nécessaire à la bonne marche d’une communauté.

Les enfants sont les leaders de demain

Déployer un dispositif communautaire suppose que chaque organisation ait conscience de son degré de maturité. Rien ne sert de viser loin il faut viser juste en fonction de ses ressources et savoir s’adapter en fonction de son évolution et celle de sa communauté. Mais comme la jeune génération d’aujourd’hui représentera les leaders de demain, une organisation peut et doit se demander jusqu’où elle est capable d’aller et notamment si elle se met en capacité de réviser ses modalités de gouvernance en interne pour admettre qu’une part de son leadership soit remis entre les mains de la communauté qu’elle a voulu créer et avec laquelle elle interagit peut-être au point de faire de l’innovation participative…

Et vous, êtes-vous prêts pour un changement de gouvernance?

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