Girls In Tech Paris, the place to be!

Il faut que l’homme soit fort, audacieux, entreprenant ; que la femme soit faible, timide, dissimulée. Telle est la loi de la nature.  Pierre-Jean-Georges Cabanis, Extrait des Rapports du physique et du moral de l’homme.

Mercredi dernier avait lieu la soirée de rentrée des Girls In Tech Paris chez Omnicom Media Group. Invitée par Dominique Gibert, fondatrice des Editions Diateino qui avait généreusement offert des exemplaires d’ouvrages de Guy Kawasaki et Tara Hunt paru à son catalogue, j’ai pu profiter des retours d’expérience de femmes fortes, audacieuses et entreprenantes.

Pourquoi un billet entrepreneuriat, demanderez-vous? Car je suis une entrepreneuse, un freelance crée, gère et optimise sa petite affaire! Parce que j’accompagne des start-ups, j’ai aussi besoin de comprendre le maximum de leur parcours du combattant pour les accompagner au mieux dans leur démarche de communication web et d’optimisation de leurs services communautaires (poke Yoocasa). Voilà une sorte de compte-rendu de la soirée et quelques réflexions que cela m’a inspiré.


Qu’est-ce que le réseau Girls In Tech?

Réseau créé en 2007 à San Francisco à l’initiative d’Adriana Gascoigne, son principal objectif est de mettre en valeur les femmes travaillant dans le secteur des nouvelles technologies en leur offrant un espace pour partager leurs expériences et échanger sur leur projets. Aujourd’hui, le réseau compte plus de 7000 membres répartis à travers le monde.

Sur l’impulsion de Mounia Rkha (Ventech) et Roxanne Varza (TechCrunch), une antenne parisienne a vu le jour en 2010 se chargeant principalement d’organiser des conférences autour d’une thématique particulière. Bien que le nom ne l’indique pas expressément, la mixité est un crédo et nous avons pu nous en rendre compte mercredi soir.

Un beau programme et des intervenantes de marque pour cette soirée de la rentrée

Le thème du jour : le financement et la création de startups.

Les intervenantes : Catherine Barba (Fondatrice de Malinea), Claire Houry (General Partner chez Ventech), Lara Rouyres (Co-fondatrice de Dealissime) et Cécile Moulard (Fondatrice de Sixième Continent). Vous pouvez retrouver leur biographie sur le site de Girls In Tech Paris.

Fonds d’investissement or not ? That is the question …

La conférence part vite (à l’image des start-ups?) sur le sujet souvent crucial pour un entrepreneur : le financement. L’argent reste encore le nerf de la guerre.

Claire Houry entre dans le vif du sujet et évoque rapidement les enjeux de ce qui doit être une véritable rencontre entre un porteur de projet et un investisseur. « Rechercher un financement, c’est comme rechercher des associés avec qui on se sente bien et en confiance » nous dit-elle tout en ajoutant qu’ « il ne faut pas perdre de vue que les fonds sont là pour accélérer un processus de création et non combler des pertes ad vitam aeternam ».

La présentation est donc un élément crucial : elle doit être percutante et synthétique. Claire Houry rappelle qu’un capital-risqueur voit très rapidement les déjà-vus donc il faut montrer rapidement votre différence. Il faut donc un concept clair et savoir le faire sortir du lot! Montrez votre valeur-ajoutée!! Cécile Moulard lance avec humour une image qui frappe vite et fort : « il faut savoir faire la différence entre « vendre l’odeur du steack » et « vendre du steack »" autrement dit adapter votre présentation selon que vous en êtes encore au stade du concept ou que votre petite entreprise est déjà sur les rails.

Claire Houry rappelle qu’aller au devant d’un fonds d’investissement c’est réaliser une rencontre et cela se fait à deux. J’aime quand des gens aussi brillants rappellent le principe des interactions. En effet, deux personnes cela signifie que la rencontre ne fonctionne que si tous les acteurs dévoilent un peu leur jeu et si chacun a la curiosité de l’autre. Elle soulève la nécessité pour le porteur de projet de s’intéresser au fonds d’investissements auquel il souhaite s’adresser : savoir qui on a en face de soi, sur quel type de projet il a déjà investi, pourquoi il a envie d’investir dans son affaire.

On en revient à un concept qui m’est cher (que je développe dans l’ouvrage paru chez Diateino) : le don-contre don, sans cela point d’équilibre, point de rapport de confiance, point de relation mais risque de défiance, suspicion et conflits.

Avoir un projet c’est bien mais qu’il soit en lien avec vos valeurs, vos aspirations, vos rêves personnels et vos compétences réelles ou celles que vous ambitionnez réellement de mettre à jour, c’est mieux. Il faut donc que soit rapidement visible et palpable « la cohérence entre le projet et le porteur de ce dernier » (sic Claire Houry). Il vaut mieux évier de « se raconter » son histoire mais être dans la présentation d’une histoire juste qui s’enracine avec sincérité pour créer des liens durables.

Le porteur de projet doit aussi avoir les ambitions de son affaire. Pour rester dans cette idée d’enracinement, il est préférable que celui qui est l’initiateur du projet reste jusqu’à son aboutissement, ce qui ne l’empêche pas d’agréger des compétences extérieures complémentaires, voire d’en faire de véritables associés.

Nul individu ne maîtrise tous les métiers et savoir se faire épauler n’est pas une faille mais la marque d’une force. A quoi bon rester à tourner en rond dans sa tête pour trouver des solutions quand un éclairage extérieur peut nous apporter la pointe de sel qui manquait à notre plat?

Catherine Barba, d’une voix claire et franche, avait, à un moment de la soirée, évoqué le fait qu’ « en France, on accepte mal l’idée de se tromper, ce que les américains par exemple acceptent beaucoup plus ». J’accède volontiers à cette assertion pour de nombreuses raisons notamment sociologiques. N’allez pas bien loin et lisez le nombre de sociologues ou psychologues qui observent, analysent et retranscrivent avec argumentation les errances d’une génération de jeunes cadres/entrepreneurs perdus entre des choix multiples, hyperactifs au point de ne plus prendre le temps de penser à eux, persuadés d’être dans un contrôle absolu car ils ne doivent pas montrer leur faille… comme si on ne le leur pardonnerait pas.

Cela me rappelle une interview que j’avais faite avec Bertrand Duperrin, un maître à penser (oui j’assume car il fourmille d’idées brillantes)… me parlant d’entreprise 2.0, il me racontait combien parfois il était difficile de mettre en place dans certaines entreprises de véritables outils collaboratifs… car cela reviendrait à demander à l’autre son expertise… donc dévoiler son ignorance « En France, on est pas assez together we can« .

Entreprendre, c’est comme vivre, c’est prendre des risques. On n’apprend pas à évoluer en société seul, nos parents, notre environnement, l’école, nos premiers employeurs nous servent de tuteurs et savent pointer nos réussites (on ose l’espérer) mais nos erreurs aussi, les pardonner (s’il le faut) et c’est cela qui nous sert à progresser! Pourquoi un entrepreneur devrait évoluer seul, craindre de demander conseil et le courroux de ses pairs s’il échoue. Il aura au moins eu le mérite d’essayer! L’échec ne devrait pas être un tabou, l’entrepreneur ne devrait pas craindre le principe d’une double peine (celle de son échec et celle du jugement de ses pairs).

Les rapports Start-ups et grands groupes

La conférence se poursuit sur un sujet passionnant qui reste à développer lors d’une autre soirée tellement il est riche.

Claire Houry rappelle combien il peut être difficile pour des start-ups d’accéder à des grands comptes! Le plus souvent pour des raisons de culture d’entreprise : les grands groupes étant aux prises avec des process de validation qui ne sont pas équivalents à ceux des start-ups.

J’ai pu à titre professionnel me rendre compte de la très nette différence qui existe dans le rapport au temps entre une start-up, une agence et un grand compte et c’est une donnée à prendre en considération lorsque l’on choisit de travailler avec tel ou tel type d’organisation.

Les grands groupes apprécient la souplesse et l’innovation des start-ups mais ces dernières sont souvent en but à des directeurs des achats exigeant des garanties impossibles à fournir par les start-ups elles-mêmes parfois étranglées par des délais de paiement qui leur sont préjudiciables. Les fonds de roulement sont parfois délicats à mettre en place lorsque l’on est une entreprise qui débute.

Une information à suivre c’est le small business act pour l’Europe, une manière de promouvoir la vitalité des PME mais quid des TPE, je prendrai donc un peu de temps pour creuser la question mais si l’un d’entre vous peut d’ores et déjà intervenir à ce sujet qu’il se sente libre de le faire dans les commentaires!

Un moment de partage, du networking sous le signe de la convivialité

La conférence achevée, Roxanne Varza a repris le micro pour faire bénéficier l’auditoire de quelques cadeaux : des réductions pour le Paris Startup Weekend, pour la conférence LeWeb et les livres de Guy Kawasaki et Tara Hunt.

Une excellente soirée où j’ai appris beaucoup de choses, rencontré des gens brillants, un coup de coeur pour Catherine Barba et son énergie, Claire Houry (qui m’a chipé ma coupe de champagne ;) ) et une vraie rencontre avec Sabine Coulon dont je vous parlerai plus tard. Des surprises aussi, Benjamin Suchar CEO de Check My Metro, lui aussi je vous en reparlerai.

Sans oublier les incontournables membres de We Are Social et la découverte de @DfromParis :D

Et un poke à Alexandre Delivet que j’espère bien avoir bientôt l’occasion de revoir pour discuter plus longuement.

Si vous avez envie de découvrir le réseau Girls In Tech et assister aux prochaines conférences, vous pouvez les suivre sur Twitter ou vous rendre sur leur site.

Et vous, vous y étiez? Qu’en avez-vous pensé?

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2 Commentaires à “Girls In Tech Paris, the place to be!”

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