De la construction d’un réseau virtuel à celle d’une pensée distancielle

J’ai déjà évoqué ici l’intérêt des formations en community management. Ces derniers temps, j’ai suivi quelques échanges sur Twitter sur les rapports entre enseignement et entrepreneuriat. Quelques réflexions faisaient valoir le distingo entre ceux qui font et ceux qui enseignent… Durant mes études, j’ai souvenir que les professeurs qui m’ont le plus transportée étaient ceux qui faisaient, tout en partageant leur savoir et expérience avec nous.

Lorsque l’on réalise une formation sur les médias sociaux rien est plus sympathique que de montrer, à ses élèves, la réactivité d’un réseau. Pour cela, en sa qualité de média temps réel, Twitter est un bon exemple… Que de fois, ces dernières semaines, où j’ai expliqué l’outil et ses usages possibles en faisant des démonstrations sur mon propre compte avec des résultats au-delà de mes espérances. Mon réseau est bien vivant et je n’en doutais pas mais comme toute évidence, ça va mieux en le disant ;)

Twitter, outil et vivant : cherchez l’intrus, me direz-vous… A mon sens, il n’y en a pas.

Internet nous offre un espace virtuel entre individus. Bien que la lecture des ouvrages de Gilles Deleuze, notamment Différence et Répétition, serait plus appropriée pour cerner l’idée de « virtuel », je dirais pour faire synthétique que le virtuel est ce qui n’a pas d’existence actuelle, pas de matérialité tangible. Pourtant, lorsque je m’adresse à mes contacts Twitter en leur disant : « je suis en formation Twitter, quelqu’un pour me faire un signe? #Formation #CM » et que je reçois en moyenne 25 réponses en une demie heure, difficile de penser de manière pragmatique que ce réseau n’a pas d’existence réelle et actuelle. Voilà pourquoi, bien souvent dans mes présentations, je privilégie le terme distanciel. Dans le langage courant, le concept virtuel a bien souvent une connotation d’irréalité, de faux-semblant. Pourtant mes démonstrations tendent à montrer que l’interaction est bien concrète, qu’elle se produit de manière immédiate entre internautes bien vivants mais à distance.

Outre le fait de se dégager des connotations négatives de la réinterprétation du concept « virtuel », ce choix sémantique a aussi un autre intérêt. Je n’ai pas toujours en face de moi un public acquis aux médias sociaux, « pire » certains peuvent être assez hermétiques mais ils auront pourtant à les utiliser dans leur pratique professionnelle ou militante. Alors il convient d’adapter le langage pour rapprocher l’auditoire des outils étudiés. En résumé, je tente de partir de leur réalité de terrain pour conduire mes élèves vers les médias sociaux. Démythifier les outils en les rapportant à des réalités connues de tout un chacun.

Un outil n’est pas magique, il ne suffit pas d’avoir un compte Twitter, par exemple, pour avoir de la réactivité quand on sollicite sa communauté. Un réseau se pense, se construit et demande « patience et longueur de temps » (cf. Le Lion et le Rat, Jean de la Fontaine). Mais de tout cela nous reparlerons dans un prochain billet.

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6 Commentaires à “De la construction d’un réseau virtuel à celle d’une pensée distancielle”

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